Note liminaire:

Tous les livres présentés ici, sauf rares exceptions mentionnées, sont illustrés (eaux-fortes, sérigraphies, enluminures...) par Thierry Bourquin.

La rubrique "Commentaires" est rédigée par François de Bise.

Éditions nomades

Les Éditions nomades, avec un petit «n» –c'est un état d'esprit–, publient des ouvrages à tirage limité, souvent confidentiel, illustrés d'eaux-fortes, de sérigraphies et / ou d'enluminures autour de textes sérieux, spirituels, naïfs, grivois, poétiques... plus de quatre-vingt titres parus à ce jour.

Thierry Bourquin est l'unique artisan (artiste) de ces Ă©ditions.

Je m'Ă©dite, nous dit-il.

La collection «brises»

Mes livres devenaient onéreux, ou plutôt: les amateurs avaient d’autres priorités.

Exposer coûte cher. Papiers, cuivre, typographies itou, même et surtout au Salon du livre de Genève où j’ai tenu un stand pendant neuf ans.

On me demandait des livres abordables.

J’ai pensé aux brises que l’on achetait dans les pâtisseries de la Vieille-Ville: les chutes des petits gâteaux, les miettes ramassées par terre que l’on nous servait dans des cornets débordant de bonnes choses et qui nous régalaient, jusqu’à ce que le Service d'hygiène y mette le holà.

Dans mon atelier je ne savais où ranger mes brises, restes de papiers et d’encres qui jonchaient le sol et les étagères.

J’ai pensé alors à en faire de petits livres, rentabiliser mes brises comme les pâtissiers. Cela me paierait les frais d’exposition, rêvais-je.

Les poètes ont apprécié. Il m’en réclament.

Les amateurs espèrent des miettes de brises. Les temps changent. (T.B.)

La collection «ntw»

Des livres oĂą le texte prend (presque) toute la place, ou non. Les trois premiers parlent de voyages.

Pourquoi «ntw»? Je ne sais plus. On m’a suggéré «nolise ton wigwam». (T.B.)

"C'est partout le visage" (Vahé Godel)

Roman Jakobson rapporte l'anecdote suivante: en Afrique, un missionnaire blâmait ses ouailles de ne pas porter de vêtement. "Et toi-même, dirent les indigènes en montrant sa figure, n'es-tu pas nu, toi aussi, quelque part?"- "Bien sûr, mais c'est là mon visage." - "Eh bien répliquèrent-ils, chez nous c'est partout le visage."

Songeant à l'ensemble du travail de Thierry Bourquin (gravures, gouaches, illustrations, enluminures, livres-objets...), on pourrait reprendre mot pour mot la réplique de ces merveilleux indigènes entièrement dévêtus: oui, "c'est partout le visage"... dans cette œuvre multiforme, dans le corps de cette œuvre, tout est figure. Et particulièrement le livre: le livre-poème, qui est en quelque sorte la couche nuptiale du texte et de l'image.

Parodiant René Daumal ("Les dernières paroles du poète", 1936), on pourrait dire qu'il faut être deux pour faire un livre-poème: celui qui écrit est le père, celui qui illustre est la mère, le livre-poème est leur enfant. Le livre-poème qui n'est pas illustré est une semence perdue. Ou encore: celui qui écrit est la mère, le livre-poème est l'œuf et celui qui illustre est le fécondateur de l'œuf. Le livre-poème qui n'est pas illustré devient un œuf pourri..

De plus:

Vous trouverez quelques liens intéressants dans la rubrique "Contact".